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QRCode : un outil puissant de teasing au service du PCF !

12 Mar

En parcourant les quelques centaines de mètres qui séparent le RER Les Halles de mon bureau, j’ai croisé du regard quelques affiches.

Mais qui se cache derrière ces tags ?

 

Parmi elles, un gros code 2D. Aussitôt, je sors la « scannette » de service. En quelques secondes, j’arrive sur le site du Parti Communiste Français.

Bravo à mes camarades. Ils viennent de me faire réagir, de me stimuler et de déclencher une visite sur leur site. Son contenu tourne autour d’une accroche : Votez plus fort !

Certes le site d’arrivée n’est pas optimisé pour le mobile. Mais, la phase de création de trafic est simpliste et efficace.

Arrivée sur le site du PCF, malheureusement non optimisé pour le mobile.

 

En cette phase d’émergence des codes optiques, les curieux dans mon genre sont à l’aguet.

Un code. Un clic. Une visite.

La conclusion est simple. Pour un annonceur grand-public. Pour un annonceur qui parle à tous les citoyens, les chalands. Dont l’offre ou le message est à même de déclencher une réaction, à minima une stimulation. Le code visuel peut être un outil de teasing efficace.

Partis, la période va être propice au déclenchement de visites fondées sur la stimulation des électeurs. Dans la même mouvance, j’avais signalé la campagne des Jeunes UMP.

Mass marketers, les consommateurs technophiles sont prêts à réagir.

Pour le PCF, certes mon vote est loin d’être acquis. Mais je compléterai tout de même mes lectures du week-end par un achat de l’Humanité. Histoire de voir, où en sont les idées du Front de Gauche.

A défaut de « voter plus fort », je penserai plus fort.

 

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Groupon flirte avec limites de la publicité mensongère et c’est dommage !

10 Sep

Pour son recrutement clients, Groupon joue avec les limites. Certainement d’un point de vue légal (publicité mensongère ?), mais ce n’est pas mon métier. D’un point de vue de la relation clients, c’est mon sujet.

Groupon force la capture les adresses e-mail des prospects sur une sur-promesse

Etape 1 : Une bannière annonce du – 90%

Une remise de 90%, un visuel, des codes couleurs qui rappellent diablement Mac Donalds d’avant le vert ou Quick d’aujourd’hui. Je clique !

Etape 2 : une fausse home page déclenche de la capture adresse

Affichée quelques secondes, une fausse page d’accueil aux couleurs de l’univers burger affiche de nombreuses remises. Les plus élevées sont à – 70%. 20% sont perdus en un clic. Sans plus attendre et sans interaction possible, une boîte de capture est affichée. Pas d’alternative, pour continuer et enfin manger son burger et ses frites à – 90%, l’internaute doit donner son adresse e-mail.

Etape 3 : le trafic est dirigé vers l’offre du jour

Après avoir donné son mail, le prospect est dirigé vers le site. Un enrichissement additionnel du contact est tenté. Arrivé sur le site, l’offre du jour est sans rapport avec la promesse. La remise était ce jour-là à – 50%. 40% et une promotion de perdus depuis la bannière initiale.

Burger et frites ont été mangés par l’annonceur en route !

Groupon joue avec limites.

Pour moi, Groupon franchit les frontières d’une relation clients équitable :

  • L’annonce créatrice de trafic ne correspond pas à la réalité : Sauf erreur de ma part, il n’y a même jamais eu de burger / frites à – 90% en France.
  • La capture adresse est « forcée » : Au moment de faire saisir son adresse à l’internaute, le site ne propose pas d’échappatoire. Pour accéder aux offres présentées sous la fenêtre de saisie, le prospect a une seule solution : donner son adresse. Je trouve ce type d’action acceptable si l’offre est claire et la formulation sans ambiguité. Dans un contexte de sur-promesse, je ne l’accepte pas.
  • L’élément promu n’est pas l’élément vendu : Au final, l’offre du jour, ne correspond pas à l’attente client. L’engagement de la relation est ainsi fondé sur une tromperie.

Groupon vaut mieux que sa politique d’acquisition adresse

Depuis 2009, je suis la start-up de Chicago. J’adore le concept qui fait le lien entre on et off-line. Comme beaucoup d’autres, je suis impressionné par la performance et la vitesse de développement (voir le post de M de Guilhermier sur le sujet). Il est une des applications réussies des démarches ROPO (Research on line, Purchase off line). J’aime le business model d’intermédiation. Consommateurs et commerçants peuvent être gagnants.

En plus, l’entreprise est porté par un patron au discours riche : voir vidéo sur Business Insider.

J’ai suivi avec intérêt la vitesse de réplication et la propagation en Europe, en particulier en Allemagne sous la houlette de City Deal.

Je pensais que certains errements du début correspondaient à une volonté d’aller vite. Qu’une fois Groupon rejoint par City Deal France, les pratiques deviendraient plus respectueuses des consommateurs.

De telles campagnes me laissent sceptiques.

Groupon a une offre unique. Un business model simple et sain. Je ne vois aucune raison de menacer la relation avec les clients par un recrutement trop violent. Arrachage d’adresse, sur-sollicitation ne font pas bon ménage avec la dimension complice du concept Groupon.

Pour finir et nous donner envie d’un marketing plus délicat, l’offre du jour :

A lire également sur ce blog :

Les raisons de la vente de Zappos à Amazon : piège financier et exception culturelle

7 Juin

Généralement, je partage mes liens via mon compte Twitter @Coubray et cela suffit : 140 caractères, une alerte, à vous de jouer et explorer.
Cette fois ci, le service sera un peu plus étoffé.

Sur Inc.com, je viens de lire un extrait du livre de Tony Hsieh, le fondateur de Zappos. Je le trouve riche et édifiant, comme souvent quand il s’agit d’infos émanant de cette société. (Titre original de l’article : Why I Sold Zappos)

Pour ceux qui ne connaissent pas, Zappos est un acteur majeur du e-commerce, plus de 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires et surtout une culture d’entreprise typée qui place le bien être des collaborateurs et des clients avant tout (voir ici un article consacré à ses spécificités).
Fin 2009, Tony Hsieh a vendu sa société à Amazon. La valorisation de référence était d’environ 1.250 milliards de dollars. L’accord a été scellé sous forme d’un « échange » d’actions.

Les raisons de la vente à Amazon

Tony revient dans cet article sur les raisons de la vente et celles du choix d’Amazon :

  • Zappos était coincé financièrement  avec un revolving de 100 millions de dollars nanti sur ses stocks dépréciés.
  • Son board le poussait à abandonner sa culture de qualité extrême en social et relations clients pour privilégier la rentabilité de court terme.
  • Amazon lui a permis de sauver sa culture maison (garantie d’indépendance) et lui a fait échapper à la pression d’un board dominé par des représentants de fonds d’investissement.

Je trouve cette histoire à la fois angoissante et édifiante.
On voit un entrepreneur visionnaire et avide de croissance passer près du gouffre, enrôlé dans une spirale financière dangereuse.
On voit également une belle culture d’entreprise triompher grâce à la détermination de son patron et à l’aide de Jeff Bezos, fondateur d’Amazon et également promoteur d’un projet d’entreprise déterminé depuis ses débuts.
On voit enfin, les enjeux auxquels est confronté Tony aujourd’hui : comment maintenir une culture d’entreprise fondée sur la différenciation humaine lorsque l’on atteint plusieurs centaines d’employés (1 800 salariés aujourd’hui chez Zappos).

A lire !

A lire également à propos de Zappos sur ce blog :

Business model freemium : Evernote est rentable avec une conversion à 7%

2 Juin

Connaissez-vous le freemium ? Sa définition est simple : offrir un service de base gratuit, proposer des valeurs ajoutées payantes soit dans le cas d’un one-shot, soit en abonnement.

Ils sont un des miracles du numérique. Evernote a fondé sa politique de développement sur ce schéma économique.

Evernote, un exemple de site rentable en business model freemium

Evernote propose une solution de collecte et de partage de notes multimédia, multisupports. Avec cet outil, je gère toutes mes prises de notes. Quelque soit le format : texte, web, photos, films, documents… Quelque soit le lieu de collecte : bureau, maison, rue via mes outils web, mon PC, mon mobile. Vous trouverez une description des fonctionnalités au bout de ce lien.

Le service de base est gratuit. Il couvre une fraction très significative du besoin. Pour 5$ mensuels ou 45$ annuels, je peux l’enrichir : travail collaboratif, capacité de stockage étendue, fonctionnalités avancées…

Grâce à la quai-absence de coûts de mise à disposition du produit, grâce au potentiel de partage d’une bonne application (sa viralité), il est possible de mettre en main gratuitement, non plus l’échantillon mais la totalité ou presque du produit, et ensuite de convertir. Le modèle est pur : l’offre est le produit. La gratuité est la contrepartie de l’essai. Charge ensuite à l’opérateur de transformer. La faiblesse des coûts permet de travailler avec des taux de transformation bas.

Alors combien ?

Dans une récente intervention, synthétisée par TechCrunch, Phil Libin, le CEO d’Evernote nous donne quelques informations clefs. Si vous avez environ 25 minutes, si voulez creuser le sujet, la vidéo est sur Vimeo. Elle est riche de beaucoup d’éclairages sur l’état d’esprit associé à ce business model. Voici les infos clefs :

  • Le taux de transformation des nouveaux en payants est à 0.5%
  • 24 mois après leur inscription, parmi tous ceux qui sont encore actifs, on atteint un taux de transformation cumulé à 20%.
  • En moyenne, le taux de conversion est à 7%. Je calcule cette donnée à partir de son propos. Chaque utilisateur actif – payant ou gratuit – génère un équivalent revenu de 0.25$ par mois. Le revenu d’un abonné mensuel est de 3.75$. Donc il y a 16 actifs pour 1 payant et un taux de conversion de 7%.

Dans mon vieux métier, la rentabilité après mise en mains d’un échantillon payant était le plus souvent autour de 25% de conversion.

Le modèle freemium et rentable d’Evernote permet donc la performance avec 4 fois moins de conversion et aussi 4 fois moins de revenu mensuel (nous facturions autour de 25$ par mois).

Belle performance et aussi superbe opportunité pour les éditeurs de contenus et services désireux d’explorer les modèles freemium.

A lire également : Evernote, prendre des notes sur tout support, toujours les retrouver

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Groupon – City Deal a privilégié sa croissance au bon traitement de tous ses clients. C’est grave docteur ?

28 Mai

A l’occasion de ses premières opérations, surtout l’offre d’une place de cinéma UGC à 1€, City Deal, site de bons plans locaux en achat groupé, a visiblement maltraité ses clients. Certains se sont exprimés sur ce blog, beaucoup l’ont fait par les forums : Au Féminin, Magic Maman, EBoons, Rembourser.com, Jeux Video, Internet Argent, d’autres blogs, FaceBook ou Twitter… Le volume de récriminations semble élevé.

Les coupons sont partis très longtemps après la communication de l’offre. Selon des clients, certains ne sont toujours pas arrivés.

Alors, City Deal est-elle une entreprise d’escrocs ? Une start-up qui a privilégié la vitesse de croissance ? Je penche pour la seconde affirmation. City Deal est l’incarnation des start-up qui réussissent : un concept nouveau et attractif, une exécution qui passe par beaucoup de raccourcis

Voici 4 éclairages et une interrogation.

City Deal n’est pas une société d’escrocs

7 500 places à 1€, cela fait 75 000 € en caisse, moins les frais marketing, moins le coût du deal avec UGC, moins tous les clients qui ont reçu leurs places… cela fait peu. En tout cas, pour une société. Les escrocs jouent plus gros et plus méchant. Regardez sur le net les vendeurs de miracles ou dans la sphère financière ceux de martingales.

City Deal a pris beaucoup de raccourcis

Dans la course de vitesse européenne, City Deal a dû lutter contre d’autres clones de Groupon (d’abord en Allemagne, et même en France). L’objectif était simple : imposer le concept dans le maximum de pays/villes, construire vite le plus gros fichier d’actifs. CityDeal a privilégié la vitesse et a parfois recouru à des raccourcis :

  • Surpromotion : Regardez les captures écran ci-après, City Deal annonçait en avril des remises de 90% associées à des marques à forte notoriété. Je suis le site depuis quelques mois, je n’ai jamais vu de telles offres. Disons, qu’elles sont à venir !?

  • Effet d’annonce : En avril, j’avais compté 30 villes sur la home page et seulement 9 actives à l’échelon local, hors l’opération UGC. CityDeal a pré-annoncé et préempté des agglomérations.
  • Mauvaise exécution des opérations : L’opération UGC est annoncée comme ayant généré 75 000 achats. Sur un forum, un représentant de la société, confesse avoir enregistré 10% de problèmes sur les commandes enregistrées. Le service client n’a pas suivi : réponses, traitement des appels… Pour sa première opération, la start-up a sous-dimensionné sa logistique.

Les clients se sentent victimes et le font savoir

Victime de son succès, ce site a maltraité des clients. Ils le font savoir. La propagation du concept de bons plans groupés repose sur les media sociaux. Le marketing viral parie sur l’effet boule de neige de la bonne nouvelle : « Eh, les copains, j’ai un bon plan… ». La contrainte de cet avantage est que ces mêmes clients, familiers de l’expression à haute voix, n’hésitent pas à partager leur irritation. Ils jouent plusieurs caisses de résonnance à la fois. Ils n’hésitent pas sur les « gros mots » : arnaque, escroc, DGCCRF…

Après tout, pour ses dirigeants, CityDeal a déjà gagné

City Deal est un des plus beaux exemples d’une expression du phénomène start-up : « J’exécute le plus vite possible un business model nouveau et original. Je créée le plus vite possible le maximum de valeur. Je la « réalise » dès que possible ». CityDeal est maintenant la propriété de Groupon. Les 6 pays, les 80 villes, le million d’actifs ont vite trouvé preneur et pour une belle valeur. Les raccourcis, mais surtout une remarquable exécution ont payé (voir mon dernier post sur ce sujet : Groupon achète CityDeal : l’éloge du retard, de la copie, des serial entrepreneurs, des américains et du multicanal).

Alors, quid de la réputation future de City Deal – Groupon ?

Je pense que les manifestations d’exaspération des consommateurs sont un épiphénomène.

Oui, CityDeal a négligé ses opérations. Oui, cette société a privilégié la création rapide de richesse. Oui, les clients utilisateurs de media sociaux sont encore plus sensibles que les autres au dysfonctionnement.

Demain, Groupon aura une position de long terme à établir : leader mondial de l’achat groupé. Pour ce faire sa performance dépendra de deux critères :

  • L’attractivité des offres proposées
  • La réalisation parfaite de la promesse

Groupon est contraint de délivrer, sans maltraiter le moindre consommateur.

Dès lors, il sera intéressant de voir à quelle vitesse le web oublie quelques erreurs de jeunesse.

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Groupon achète CityDeal : l’éloge du retard, de la copie, des serial entrepreneurs, des américains et du multicanal

22 Mai

Ce mardi 17 Mai 2010, Groupon, start-up américaine à succès (création 11/2008, CA prévisionnel 2010 > à 150 M$) vient d’acquérir l’européen CityDeal. Groupon venait de lever 135 M$ sur une base de valorisation à 1.35 milliard de $. CityDeal, créé en novembre 2009, avait de son côté un cumul de levée à environ 4 M€, 16 pays de présence, 80 villes et environ 600 employés. Cette société clone avec réussite le concept US en Europe. Le principe est celui d’une bonne affaire par jour réservée à un nombre limité et conditionnel d’internautes. L’offre est à valoir en général en magasin et à un niveau local. Pour ceux, qui ne connaissent pas concept et société, ils sont présentés en fin de cet article.

Les frères Samwer, à l'origine de CityDeal.

Cette acquisition nourrit quatre de mes vielles convictions et une plus récente.

Conviction 1 : Profitons de notre retard

La France est un petit pays : taille, population. Notre langue a peu de présence internationale. La technologie est moindre qu’aux US, en Europe du Nord, en Allemagne, dans certains pays d’Asie…

Nous sommes en retard. Profitons pour nous ouvrir systématiquement à ces marchés. Organisons nos veilles. Détectons les potentiels à concept.

Conviction 2 : Curiosité et copie intelligente sont de vilaines qualités

Pour repérer de nouvelles offres, il faut être curieux. Pour les adapter à nos marchés, il faut copier intelligemment. Localiser plutôt que traduire. Adapter plutôt que répliquer. Il faut intégrer les variables locales essentielles au fonctionnement du concept d’origine, sans le complexifier. A ce jeu, les frères Samwer, à l’origine de CityDeal et plus généralement les allemands font preuve d’un pragmatisme hors normes.

Pourquoi ? Leur ouverture aux US est plus grande que la nôtre. Leur pragmatisme et leur sens de l’efficacité aboutissent à des réplications rapides, d’envergure où la localisation est limitée au minimum nécessaire.

Conviction 3 : Les serial entrepreneurs sont une réalité

Oliver, Marc et Alexander Samwer ont créé et vendu une société de sonneries mobiles (Jamba – Vente 270 M€), le clone de eBay (Alando – Vente 43 M$ à EBay), le clone de FaceBook (StudiVZ – Vente 85 M€ au groupe allemand, Holzbrinck) et maintenant celui de Groupon !

Pas besoin de longue démonstration. Les faits parlent. Certains hommes sont exceptionnels. Ils se font une spécialité de certains moments de vie de l’entreprise : la création, la gestion, le retournement. Ce sont des entrepreneurs en série.

Conviction 4 : A la fin les américains ont souvent raison

Partis avant nous, les entreprises US disposent d’un système de financement puissant, d’un marché natif immense et technophile. Ils peuvent rapidement expérimenter et régler des concepts novateurs. Lorsqu’ils décident de traverser l’Atlantique, ils sont difficiles à contrer. Alors comment faire face à ces compétiteurs ?

Jouer la carte de la vente à une société US : Sur les marchés de l’immatériel, les frontières sont vite franchies. CityDeal complète parfaitement l’offre de Groupon (voir interview de son CEO Andrew Mason). A terme les marques changeront. Les équipes vont fusionner. Les pays vont s’ajouter. Mais attention, pour 8 acteurs partis sur ce marché en Allemagne. Seul un a vendu. 4 sont déjà morts. Le jeu est à grand risque.

Choisir des marchés protégés : Des spécificités locales (produits), un environnement légal contraignant, fragmenté et incompréhensible pour un américain sont des remparts. Pour quelques années ou décennies, certains segments échappent à la globalisation.

Parier sur les produits physiques : Traiter des flux, des expéditions pose encore quelques obstacles à la globalisation. Hors Amazon, peu d’acteurs du e-commerce américain sont aujourd’hui en Europe. Le constat n’est pas le même pour l’immatériel : la technologie, les services ou les media.

Conclusion 5 : Outils et media multicanal sont aisément à disposition. Profitons !

Derrière cette histoire de valorisation record d’une start-up, de vente d’entreprises pour plusieurs dizaines de millions après moins de 12 mois de vie, se cache une belle nouvelle pour les acteurs de l’e-commerce et du retail. Groupon, CityDeal sont des media additionnels pour exposer les marques, créer des offres de recrutement et conquérir de nouveaux clients. De nombreux moyens sont aujourd’hui à disposition des opérateurs de site marchand, d’activité de VAD ou de magasin pour acquérir de manière attractive de nouveaux consommateurs.

A lire également sur ce site pour découvrir Groupon / CityDeal :

A lire sur d’autres sites

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Sites de bons plans : la compétition est lancée

17 Avr

Avec le lancement de KGB Deals, deux acteurs de poids sont maintenant actifs en France

Au début de l’année 2010, CityDeal a ouvert une version française de son site.
Depuis mars, c’est KGB Deals qui propose chaque jour une offre à tarif promotionnel et à durée limitée.
A quand l’ouverture en France de Groupon, le site US à l’origine du concept ?
Dans tous les cas, consommateurs et marchands seront les bénéficiaires de ces offres. Les premiers tireront partie de remises importantes à proximité de leurs domiciles. Les seconds bénéficieront du trafic créé.

Le concept : une offre promotionnelle par jour et par ville

Le concept d’origine, formulé par Groupon, repose sur les principes suivants :

  • Chaque jour une nouvelle offre est proposée aux inscrits du service.
  • Un nombre minimum d’acheteurs est attendu. Si ce nombre minimum est atteint, les coupons proposés sont générés. Sinon, aucun prélèvement n’est effectué sur le compte des abonnés.
  • Le site encaisse. Le site génère les coupons : soit par remise d’une liste pour le marchand, soit par impression par l’utilisateur, soit par expédition de contre-marque.
  • Le site prélève une commission de 40 à 50%.
  • La promotion est essentiellement effectuée sous forme virale : information de mes amis par mail et media sociaux pour atteindre le nombre d’acheteurs cible.

Les forces en présence : CityDeal (Allemagne), KGB Deals (USA), des suivants ?

KGB Deals est en France une filiale de 118 218. 118 218 est la société sœur de 118 118 en UK. Cette société a lancé KGB Deals en UK.
118 118 est elle-même la filiale de KGB (ex Infonxx), société américaine et premier opérateur mondial de services d’annuaires à valeurs ajoutées.
Bref KGB Deals fait partie du groupe américain KGB. KGB Deals est aujourd’hui opéré à New-York, Londres et Paris et fait partie d’un groupe opérateur d’annuaires.

CityDeal est une start-up allemande financée par 9M€ de levées de fonds. Les pays suivants sont déjà ouverts : Allemagne, France, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Autriche, Suisse.

Groupon est pour l’instant présent seulement à Londres. Une nouvelle levée de fonds (cf. ci-après) pourrait servir à entrer le marché européen : croissance endogène ou rachat.

En Allemagne et au Royaume-Uni, au-delà de KGB et CityDeal il y a pléthore de compétiteurs locaux : DailyDeals, CooleDeals, Snippa (déjà fermé, un article remarquable sur les causes d’échec et les leviers marché par son fondateur ici), DealBunch, VivaVoucher, DealMob, Groupola, LondonsBest ….

Il y a fort à parier que quelques acteurs entreront prochainement sur le marché français soit par création, soit par rachat :

  • Les deux plus gros acteurs européens sont maintenant en France.
  • Groupon, l’initiateur mondial du concept n’est pas encore en Europe. A suivre.
  • Au-delà des start-up, les opérateurs locaux en relation avec les commerces de proximité n’ont pas annoncé d’initiatives : Adrexo, MediaPost, Pages Jaunes… Trop lents ?

CityDeal – KGB Deals, la concurrence est en route

Réseau : CityDeal affiche 9 villes actives avec des offres spécifiques et 30 cibles. Sur KGB Deals, on est aujourd’hui à 8 affichées avec 1 réellement active : Paris. KGB devra remonter son départ.

Du côté des offres, CityDeal mène la danse :

  • Volumes : CityDeal a ouvert le marché français en proposant des places de cinéma UGC à 1€. La société annonce avoir vendu 75 000 tickets. Très belle opération pour créer une base de données. Le 6 avril, Kgb a proposé des places Gaumont Pathé à 1€. L’opération a généré 4 000 acheteurs (compteur du site).
  • Nature des offres : Depuis quelques jours, CityDeal étoffe son offre en proposant des remises à faire valoir sur un site internet : PosterXXL. Le champ d’application sort du donc du monde physique, du commerce de détail.
  • Fréquence de mise à jour : Au jeu du renouvellement des offres, le premier parti a aussi l’avantage. CityDeal est quasiment à une nouveauté par jour. KGB peine à une nouvelle offre tous les 5 jours environ.

Côté media et promotion, le constat est de même nature. Même si CityDeal a mis du temps à se mettre en route. Peu ou pas de RP au lancement. Pas de communication publicitaire hors des opérations terrain. La politique de SEM est maintenant en route du côté de CityDeal et pas encore chez KGB Deals. La capture écran ci-dessous affiche un résultat de recherche Google pour KGB Deals 🙂

Pour chaque acteur, l’enjeu va maintenant être de se constituer le plus rapidement possible la base d’inscrits la plus large possible. Le nombre de villes couvertes, le renouvellement des offres et la chambre d’écho media seront les créateurs de trafic. La base de données sera la garante de l’efficacité des offres au bénéfice des commerçants.

Un exemple intéressant de me-too concept


Regardez les 3 écrans ci-dessus : à gauche l’original, à droite les 2 copies. Ces design écrans et plus généralement les concepts mis en œuvre sont la démonstration probante de l’efficacité de politiques de benchmarking et de la capacité des concepts forts à se propager à grande vitesse des US à l’Europe. Surveillons le prochain gros break à venir !

Où en est le référent : Groupon ?

Ces derniers jours, la sphère du capital risque US bruisse : Groupon serait sur le point de boucler une levée à 130 millions de $. Elle serait effectuée sur une valorisation à 1.35 Milliards de $. Elle complète les 30 M$ déjà levés. Elle serait réalisée par Digital Sky Technologies, déjà investisseur dans Zynga et FaceBook.

Selon TechCrunch, l’objectif de chiffre d’affaires 2010 est de 350 M$, la société serait autour de 1 M$ de bénéfices hebdomadaires.

Groupon se confirme donc comme un hit hors norme. Il sera prochainement doté d’encore plus de moyen pour atteindre les 100 villes aux US et qui sait entrer sur le marché européen.

Pourquoi j’adore cette saga ? Propagation de concept. Synergie web-retail.

J’adore cet épisode en cours d’écriture.

Il illustre la façon dont les concepts forts s’internationalisent. Il montre par la même la faible réactivité française. Les allemands ont déclenché en 2009. Les américains – KGB – ont très vite propagé.

Il est également un des signaux de la mutation en cours dans l’univers marketing. Le web établit de la relation directe avec les clients. Il crée ensuite du trafic vers les points de vente. Les marchands physiques acquièrent des clients avec des « loss leader ». Ils font le pari de l’établissement d’une relation de moyen-long terme avec le client et d’un retour sur investissement. Petit à petit, les commerçants de détail vont devenir des direct marketers !

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CityDeal adapte Groupon à la France : « 1 place de cinéma UGC pour 1€ » et 75 000 clients !

29 Mar

L’adaptation de Groupon à la France vient d’Allemagne et s’appelle CityDeal

Je vous ai parlé de Groupon (voir ici).

En synthèse : « Le site web Groupon propose aux utilisateurs d’une localité des affaires limitées en nombre et dans le temps. Les coupons générés atteignent de 40 à 90% de remise. A l’échelle locale, les inscrits sont alertés. Ils utilisent leurs media sociaux pour faire savoir la bonne affaire à leurs amis. En effet, il faut atteindre le volume cible d’acheteurs pour bénéficier de l’affaire du jour. La limite de souscription est fixée à minuit. Les internautes intéressés passent leur commande via Groupon. Le site collecte les ordres, génère les coupons pour retrait des services ou produits, établit le lien entre le marchand et les consommateurs. »

En Allemagne, de nombreux acteurs répliquent le concept. Le leader est CityDeal.

Début février, il s’est installé en France – voir le site. Cette installation est financée par levée de fonds effectuée en début d’année (cumul à 9 M€). Le site propose restaurant, sport et bien-être à moins 50%.

Les pays suivants sont déjà ouverts : Allemagne, France, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Autriche, Suisse.

1 place de cinéma UGC pour 1 €

Une opération récente a recruté 75 000 clients. Elle permettait d’acheter une place de ciné UGC pour 1€. Promue sur le web et via une opération de distribution de flyers à la Défense, elle a rencontré le succès.

Les offres du jour par l’exemple

Voici pour l’exemple les offres relevées sur quelques villes de France :

  • Paris : séance Dreamtouch à 15€ vs tarif à 30€, 50% de remise
  • Bordeaux : séance de Powerplate à 45€ vs tarif à 125€, 65% de remise
  • Lyon : Repas au restaurant Eskis pour 20€ au lieu de 40€, 50% de remise
  • Strasbourg : Europ’Café à 10€ vs 20€, 50% de remise
  • …/…

A la différence de Groupon, le nombre d’achats cible n’est pas mentionné. Toutes les jauges ont le même niveau d’avancement, indexé sur le temps ? Les compteurs de chaque ville annoncent quelques dizaines de bénéficiaires. Le mouvement est lancé.

30 villes cibles, 9 actives

Le site cible 30 villes, affichées sur sa home page. Au-delà de l’opération UGC, 9 villes présentent ce 29/03/2010 des offres locales : Paris, Lyon, Lille, Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Toulouse, Grenoble, Nantes. L’enjeu sera donc d’élargir le nombre de deals proposés dans le plus grand nombre de villes.

Une propagation par les media sociaux et le parrainage

Ce type de business model fonctionne sur la rumeur. Je fais savoir à mon cercle d’ami le deal du jour. Je cherche à les faire profiter du deal et aussi à atteindre le nombre cible.

CityDeal « sponsorise » le parrainage. Chaque filleul qui devient actif ramène un crédit de 8€ à son parrain. En Allemagne, le filleul est à 6€. Aux US, Groupon offre 10$.

A quand la riposte et la concurrence ?

Groupon sortira-t-il de ses frontières ? Pour l’instant, je n’ai pas repéré de mouvement annoncé. Il y a quelques mois, le site présentait Londres dans ses villes. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

En France, d’autres start-up sont-elles actives ou en lancement. Je n’ai rien repéré.

Enfin, on peut s’interroger sur l’opportunité pour les groupes de media locaux, les annuaires de développer une telle offre. Ces sociétés ont les forces de vente spécialisées en commerces locaux, les plateaux de télévente en relation avec les acteurs terrain. Elles peuvent proposer des couplages. Si elles ne bougent pas, des start-up comme CityDeal réinventeront les manières d’interagir avec les clients locaux, de créer du trafic vers les points de vente. Car c’est là la force de ces offres, elles fidélisent un portefeuille « d’abonnés », chasseur d’offres, créent du trafic vers des points de vente et font avec leur partenaire le pari d’une capacité à déclencher du cross-selling une fois le consommateur arrivé sur site. La nature des offres proposée va dans ce sens. Elle est à priori efficace.

Si vous connaissez du monde chez Spir (TopAnnonces, LeBonCoin, Adrexo), PagesJaunes, HighCo (le spécialiste du Store & Digital), testez pour voir leur connaissance de ces modèles et surtout l’existence ou non de plan d’actions de leur part. Je suis preneur d’informations. Je suivrai avec intérêt la propagation de ces concepts.

A lire également sur le sujet :

Groupon – Allemagne : Décollage du concept US à succès. France : Je ne vois toujours rien venir !

12 Mar

Qui peut enfin m’expliquer pourquoi un concept à fort potentiel, Groupon, est répliqué avec succès en Allemagne et toujours pas en France. Qui ? Pourquoi ?

Mais c’est quoi Groupon ?

Le site web Groupon propose aux utilisateurs d’une localité des affaires limitées en nombre et dans le temps. Les coupons générés atteignent de 40 à 90% de remise. A l’échelle locale, les inscrits sont alertés. Ils utilisent leurs media sociaux pour faire savoir la bonne affaire à leurs amis. En effet, il faut atteindre le volume cible d’acheteurs pour bénéficier de l’affaire du jour. La limite de souscription est fixée à minuit. Les internautes intéressés passent leur commande via Groupon. Le site collecte les ordres, génère les coupons pour retrait des services ou produits, établit le lien entre le marchand et les consommateurs.

Allemagne : croissance à 4 chiffres en un mois !

Le tableau ci-dessous est issu de Deutsche-Startups.de.

La lecture est simple : CityDeal, créé fin 2009, va passer les 400 000 visiteurs uniques sur le mois de Mars.

La société est aujourd’hui active dans 41 villes en Allemagne. Elle est financée par une levée de 4 millions d’euros.

Au second rang, DailyDeal vient d’intégrer Teambon (voir annonce ici).

Bref, tout indique un décollage commercial !

Groupon est adapté à la France et pourtant…

Les valeurs ajoutées proposées par Groupon ont tout pour réussir en France :

  • Remises importantes de 40 à 90%
  • Nombre limité de bénéficiaires privilégiés
  • Champ d’application local
  • Renouvellement quotidien des bonnes affaires
  • Création de trafic vers le canal retail

Et pourtant, je ne vois rien venir.

A suivre et à m’expliquer.

A consulter également : Groupon, Chegg, 2 concepts US à potentiels d’internationalisation mais quand ?