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Groupon – City Deal a privilégié sa croissance au bon traitement de tous ses clients. C’est grave docteur ?

28 Mai

A l’occasion de ses premières opérations, surtout l’offre d’une place de cinéma UGC à 1€, City Deal, site de bons plans locaux en achat groupé, a visiblement maltraité ses clients. Certains se sont exprimés sur ce blog, beaucoup l’ont fait par les forums : Au Féminin, Magic Maman, EBoons, Rembourser.com, Jeux Video, Internet Argent, d’autres blogs, FaceBook ou Twitter… Le volume de récriminations semble élevé.

Les coupons sont partis très longtemps après la communication de l’offre. Selon des clients, certains ne sont toujours pas arrivés.

Alors, City Deal est-elle une entreprise d’escrocs ? Une start-up qui a privilégié la vitesse de croissance ? Je penche pour la seconde affirmation. City Deal est l’incarnation des start-up qui réussissent : un concept nouveau et attractif, une exécution qui passe par beaucoup de raccourcis

Voici 4 éclairages et une interrogation.

City Deal n’est pas une société d’escrocs

7 500 places à 1€, cela fait 75 000 € en caisse, moins les frais marketing, moins le coût du deal avec UGC, moins tous les clients qui ont reçu leurs places… cela fait peu. En tout cas, pour une société. Les escrocs jouent plus gros et plus méchant. Regardez sur le net les vendeurs de miracles ou dans la sphère financière ceux de martingales.

City Deal a pris beaucoup de raccourcis

Dans la course de vitesse européenne, City Deal a dû lutter contre d’autres clones de Groupon (d’abord en Allemagne, et même en France). L’objectif était simple : imposer le concept dans le maximum de pays/villes, construire vite le plus gros fichier d’actifs. CityDeal a privilégié la vitesse et a parfois recouru à des raccourcis :

  • Surpromotion : Regardez les captures écran ci-après, City Deal annonçait en avril des remises de 90% associées à des marques à forte notoriété. Je suis le site depuis quelques mois, je n’ai jamais vu de telles offres. Disons, qu’elles sont à venir !?

  • Effet d’annonce : En avril, j’avais compté 30 villes sur la home page et seulement 9 actives à l’échelon local, hors l’opération UGC. CityDeal a pré-annoncé et préempté des agglomérations.
  • Mauvaise exécution des opérations : L’opération UGC est annoncée comme ayant généré 75 000 achats. Sur un forum, un représentant de la société, confesse avoir enregistré 10% de problèmes sur les commandes enregistrées. Le service client n’a pas suivi : réponses, traitement des appels… Pour sa première opération, la start-up a sous-dimensionné sa logistique.

Les clients se sentent victimes et le font savoir

Victime de son succès, ce site a maltraité des clients. Ils le font savoir. La propagation du concept de bons plans groupés repose sur les media sociaux. Le marketing viral parie sur l’effet boule de neige de la bonne nouvelle : « Eh, les copains, j’ai un bon plan… ». La contrainte de cet avantage est que ces mêmes clients, familiers de l’expression à haute voix, n’hésitent pas à partager leur irritation. Ils jouent plusieurs caisses de résonnance à la fois. Ils n’hésitent pas sur les « gros mots » : arnaque, escroc, DGCCRF…

Après tout, pour ses dirigeants, CityDeal a déjà gagné

City Deal est un des plus beaux exemples d’une expression du phénomène start-up : « J’exécute le plus vite possible un business model nouveau et original. Je créée le plus vite possible le maximum de valeur. Je la « réalise » dès que possible ». CityDeal est maintenant la propriété de Groupon. Les 6 pays, les 80 villes, le million d’actifs ont vite trouvé preneur et pour une belle valeur. Les raccourcis, mais surtout une remarquable exécution ont payé (voir mon dernier post sur ce sujet : Groupon achète CityDeal : l’éloge du retard, de la copie, des serial entrepreneurs, des américains et du multicanal).

Alors, quid de la réputation future de City Deal – Groupon ?

Je pense que les manifestations d’exaspération des consommateurs sont un épiphénomène.

Oui, CityDeal a négligé ses opérations. Oui, cette société a privilégié la création rapide de richesse. Oui, les clients utilisateurs de media sociaux sont encore plus sensibles que les autres au dysfonctionnement.

Demain, Groupon aura une position de long terme à établir : leader mondial de l’achat groupé. Pour ce faire sa performance dépendra de deux critères :

  • L’attractivité des offres proposées
  • La réalisation parfaite de la promesse

Groupon est contraint de délivrer, sans maltraiter le moindre consommateur.

Dès lors, il sera intéressant de voir à quelle vitesse le web oublie quelques erreurs de jeunesse.

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Groupon achète CityDeal : l’éloge du retard, de la copie, des serial entrepreneurs, des américains et du multicanal

22 Mai

Ce mardi 17 Mai 2010, Groupon, start-up américaine à succès (création 11/2008, CA prévisionnel 2010 > à 150 M$) vient d’acquérir l’européen CityDeal. Groupon venait de lever 135 M$ sur une base de valorisation à 1.35 milliard de $. CityDeal, créé en novembre 2009, avait de son côté un cumul de levée à environ 4 M€, 16 pays de présence, 80 villes et environ 600 employés. Cette société clone avec réussite le concept US en Europe. Le principe est celui d’une bonne affaire par jour réservée à un nombre limité et conditionnel d’internautes. L’offre est à valoir en général en magasin et à un niveau local. Pour ceux, qui ne connaissent pas concept et société, ils sont présentés en fin de cet article.

Les frères Samwer, à l'origine de CityDeal.

Cette acquisition nourrit quatre de mes vielles convictions et une plus récente.

Conviction 1 : Profitons de notre retard

La France est un petit pays : taille, population. Notre langue a peu de présence internationale. La technologie est moindre qu’aux US, en Europe du Nord, en Allemagne, dans certains pays d’Asie…

Nous sommes en retard. Profitons pour nous ouvrir systématiquement à ces marchés. Organisons nos veilles. Détectons les potentiels à concept.

Conviction 2 : Curiosité et copie intelligente sont de vilaines qualités

Pour repérer de nouvelles offres, il faut être curieux. Pour les adapter à nos marchés, il faut copier intelligemment. Localiser plutôt que traduire. Adapter plutôt que répliquer. Il faut intégrer les variables locales essentielles au fonctionnement du concept d’origine, sans le complexifier. A ce jeu, les frères Samwer, à l’origine de CityDeal et plus généralement les allemands font preuve d’un pragmatisme hors normes.

Pourquoi ? Leur ouverture aux US est plus grande que la nôtre. Leur pragmatisme et leur sens de l’efficacité aboutissent à des réplications rapides, d’envergure où la localisation est limitée au minimum nécessaire.

Conviction 3 : Les serial entrepreneurs sont une réalité

Oliver, Marc et Alexander Samwer ont créé et vendu une société de sonneries mobiles (Jamba – Vente 270 M€), le clone de eBay (Alando – Vente 43 M$ à EBay), le clone de FaceBook (StudiVZ – Vente 85 M€ au groupe allemand, Holzbrinck) et maintenant celui de Groupon !

Pas besoin de longue démonstration. Les faits parlent. Certains hommes sont exceptionnels. Ils se font une spécialité de certains moments de vie de l’entreprise : la création, la gestion, le retournement. Ce sont des entrepreneurs en série.

Conviction 4 : A la fin les américains ont souvent raison

Partis avant nous, les entreprises US disposent d’un système de financement puissant, d’un marché natif immense et technophile. Ils peuvent rapidement expérimenter et régler des concepts novateurs. Lorsqu’ils décident de traverser l’Atlantique, ils sont difficiles à contrer. Alors comment faire face à ces compétiteurs ?

Jouer la carte de la vente à une société US : Sur les marchés de l’immatériel, les frontières sont vite franchies. CityDeal complète parfaitement l’offre de Groupon (voir interview de son CEO Andrew Mason). A terme les marques changeront. Les équipes vont fusionner. Les pays vont s’ajouter. Mais attention, pour 8 acteurs partis sur ce marché en Allemagne. Seul un a vendu. 4 sont déjà morts. Le jeu est à grand risque.

Choisir des marchés protégés : Des spécificités locales (produits), un environnement légal contraignant, fragmenté et incompréhensible pour un américain sont des remparts. Pour quelques années ou décennies, certains segments échappent à la globalisation.

Parier sur les produits physiques : Traiter des flux, des expéditions pose encore quelques obstacles à la globalisation. Hors Amazon, peu d’acteurs du e-commerce américain sont aujourd’hui en Europe. Le constat n’est pas le même pour l’immatériel : la technologie, les services ou les media.

Conclusion 5 : Outils et media multicanal sont aisément à disposition. Profitons !

Derrière cette histoire de valorisation record d’une start-up, de vente d’entreprises pour plusieurs dizaines de millions après moins de 12 mois de vie, se cache une belle nouvelle pour les acteurs de l’e-commerce et du retail. Groupon, CityDeal sont des media additionnels pour exposer les marques, créer des offres de recrutement et conquérir de nouveaux clients. De nombreux moyens sont aujourd’hui à disposition des opérateurs de site marchand, d’activité de VAD ou de magasin pour acquérir de manière attractive de nouveaux consommateurs.

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Sites de bons plans : la compétition est lancée

17 Avr

Avec le lancement de KGB Deals, deux acteurs de poids sont maintenant actifs en France

Au début de l’année 2010, CityDeal a ouvert une version française de son site.
Depuis mars, c’est KGB Deals qui propose chaque jour une offre à tarif promotionnel et à durée limitée.
A quand l’ouverture en France de Groupon, le site US à l’origine du concept ?
Dans tous les cas, consommateurs et marchands seront les bénéficiaires de ces offres. Les premiers tireront partie de remises importantes à proximité de leurs domiciles. Les seconds bénéficieront du trafic créé.

Le concept : une offre promotionnelle par jour et par ville

Le concept d’origine, formulé par Groupon, repose sur les principes suivants :

  • Chaque jour une nouvelle offre est proposée aux inscrits du service.
  • Un nombre minimum d’acheteurs est attendu. Si ce nombre minimum est atteint, les coupons proposés sont générés. Sinon, aucun prélèvement n’est effectué sur le compte des abonnés.
  • Le site encaisse. Le site génère les coupons : soit par remise d’une liste pour le marchand, soit par impression par l’utilisateur, soit par expédition de contre-marque.
  • Le site prélève une commission de 40 à 50%.
  • La promotion est essentiellement effectuée sous forme virale : information de mes amis par mail et media sociaux pour atteindre le nombre d’acheteurs cible.

Les forces en présence : CityDeal (Allemagne), KGB Deals (USA), des suivants ?

KGB Deals est en France une filiale de 118 218. 118 218 est la société sœur de 118 118 en UK. Cette société a lancé KGB Deals en UK.
118 118 est elle-même la filiale de KGB (ex Infonxx), société américaine et premier opérateur mondial de services d’annuaires à valeurs ajoutées.
Bref KGB Deals fait partie du groupe américain KGB. KGB Deals est aujourd’hui opéré à New-York, Londres et Paris et fait partie d’un groupe opérateur d’annuaires.

CityDeal est une start-up allemande financée par 9M€ de levées de fonds. Les pays suivants sont déjà ouverts : Allemagne, France, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Autriche, Suisse.

Groupon est pour l’instant présent seulement à Londres. Une nouvelle levée de fonds (cf. ci-après) pourrait servir à entrer le marché européen : croissance endogène ou rachat.

En Allemagne et au Royaume-Uni, au-delà de KGB et CityDeal il y a pléthore de compétiteurs locaux : DailyDeals, CooleDeals, Snippa (déjà fermé, un article remarquable sur les causes d’échec et les leviers marché par son fondateur ici), DealBunch, VivaVoucher, DealMob, Groupola, LondonsBest ….

Il y a fort à parier que quelques acteurs entreront prochainement sur le marché français soit par création, soit par rachat :

  • Les deux plus gros acteurs européens sont maintenant en France.
  • Groupon, l’initiateur mondial du concept n’est pas encore en Europe. A suivre.
  • Au-delà des start-up, les opérateurs locaux en relation avec les commerces de proximité n’ont pas annoncé d’initiatives : Adrexo, MediaPost, Pages Jaunes… Trop lents ?

CityDeal – KGB Deals, la concurrence est en route

Réseau : CityDeal affiche 9 villes actives avec des offres spécifiques et 30 cibles. Sur KGB Deals, on est aujourd’hui à 8 affichées avec 1 réellement active : Paris. KGB devra remonter son départ.

Du côté des offres, CityDeal mène la danse :

  • Volumes : CityDeal a ouvert le marché français en proposant des places de cinéma UGC à 1€. La société annonce avoir vendu 75 000 tickets. Très belle opération pour créer une base de données. Le 6 avril, Kgb a proposé des places Gaumont Pathé à 1€. L’opération a généré 4 000 acheteurs (compteur du site).
  • Nature des offres : Depuis quelques jours, CityDeal étoffe son offre en proposant des remises à faire valoir sur un site internet : PosterXXL. Le champ d’application sort du donc du monde physique, du commerce de détail.
  • Fréquence de mise à jour : Au jeu du renouvellement des offres, le premier parti a aussi l’avantage. CityDeal est quasiment à une nouveauté par jour. KGB peine à une nouvelle offre tous les 5 jours environ.

Côté media et promotion, le constat est de même nature. Même si CityDeal a mis du temps à se mettre en route. Peu ou pas de RP au lancement. Pas de communication publicitaire hors des opérations terrain. La politique de SEM est maintenant en route du côté de CityDeal et pas encore chez KGB Deals. La capture écran ci-dessous affiche un résultat de recherche Google pour KGB Deals 🙂

Pour chaque acteur, l’enjeu va maintenant être de se constituer le plus rapidement possible la base d’inscrits la plus large possible. Le nombre de villes couvertes, le renouvellement des offres et la chambre d’écho media seront les créateurs de trafic. La base de données sera la garante de l’efficacité des offres au bénéfice des commerçants.

Un exemple intéressant de me-too concept


Regardez les 3 écrans ci-dessus : à gauche l’original, à droite les 2 copies. Ces design écrans et plus généralement les concepts mis en œuvre sont la démonstration probante de l’efficacité de politiques de benchmarking et de la capacité des concepts forts à se propager à grande vitesse des US à l’Europe. Surveillons le prochain gros break à venir !

Où en est le référent : Groupon ?

Ces derniers jours, la sphère du capital risque US bruisse : Groupon serait sur le point de boucler une levée à 130 millions de $. Elle serait effectuée sur une valorisation à 1.35 Milliards de $. Elle complète les 30 M$ déjà levés. Elle serait réalisée par Digital Sky Technologies, déjà investisseur dans Zynga et FaceBook.

Selon TechCrunch, l’objectif de chiffre d’affaires 2010 est de 350 M$, la société serait autour de 1 M$ de bénéfices hebdomadaires.

Groupon se confirme donc comme un hit hors norme. Il sera prochainement doté d’encore plus de moyen pour atteindre les 100 villes aux US et qui sait entrer sur le marché européen.

Pourquoi j’adore cette saga ? Propagation de concept. Synergie web-retail.

J’adore cet épisode en cours d’écriture.

Il illustre la façon dont les concepts forts s’internationalisent. Il montre par la même la faible réactivité française. Les allemands ont déclenché en 2009. Les américains – KGB – ont très vite propagé.

Il est également un des signaux de la mutation en cours dans l’univers marketing. Le web établit de la relation directe avec les clients. Il crée ensuite du trafic vers les points de vente. Les marchands physiques acquièrent des clients avec des « loss leader ». Ils font le pari de l’établissement d’une relation de moyen-long terme avec le client et d’un retour sur investissement. Petit à petit, les commerçants de détail vont devenir des direct marketers !

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