Archive | juin, 2010

Affichage et tag 2D : le contre-exemple Bose

22 Juin

Par souci d’efficacité commerciale, je suis à la recherche de toute solution qui raccourcit le trajet entre un prospect / client et mon offre.
Le tag 2D répond à cette demande. Implanté sur un support de communication, il permet le déclenchement d’une action pré-définie par le commerçant. Le tag 2D, ses cousins les flashcode, smarttag sont des facilitateurs de relation directe au client.

Bose expérimente avec échec le tag 2D

Aux aguets, j’ai repéré la dernière campagne d’affichage Bose. Je l’ai vu dans le métro, sur la ligne 1, à la station Charles de Gaulle (le détail a son importance, vous le verrez). Elle promeut deux produits : une station d’accueil pour iPhone, un casque. Elle intègre un tag 2D sur chaque 4 par 3.

Une affiche 4 par 3, un mobile tag dans le coin et hop !

Stimulé, j’ai dégainé mon iPhone, lancé mon application dédiée : MobileTag. Jusqu’ici tout va bien.

Le tag est repéré. Le navigateur mobile est lancé. La connexion est établie. J’arrive en quelques secondes sur la page Bose. Je suis entre Charles de Gaulle et Georges V.

Page de transition à 2 choix et une ergonomie "sybilline"

J’ai face à moi deux options non immédiatement identifiables : une icône de type « play » sur un lecteur multimédia, une invitation textuelle à visiter le site Bose.

Premier échec : mise à disposition d’un contenu multimédia trop lourd

Mon premier choix a été de voir le contenu multimédia. Vous vous souvenez, j’étais avant Georges V, le contenu – 45 secondes de vidéo – a été disponible à Palais Royal, soit 5 stations et environ 5 minutes après le clic.

3 à 5 minutes d'attente...

...45 secondes d'une vidéo sans valeur ajoutée.

Sa consultation s’est révélée sans valeur ajoutée. Sans mon intérêt professionnel, j’aurais oublié Bose.

Vous pouvez objecter que je n’avais pas à me connecter dans le métro. Le flux mobile est disponible en Edge, pas en 3G. Oui, mais l’affiche était dans le métro. La consultation de contenus légers passe sans problème.

Second échec : accès à un site non optimisé pour le mobile

Arrivé au Palais Royal, j’ai donc opté pour la seconde solution : la visite du site Bose. J’ai été rapidement (1 station) rerouté vers un site conçu pour une consultation sur PC, illisible sur mon mobile.

Alternative, accès au site Bose non optimisé pour le mobile.

Profitons du raté Bose : 4 principes pour une utilisation réussie du tag 2D

Il faut apprendre de ses échecs. Il est encore plus simple d’apprendre de ceux des autres.

Je retiens donc de cette mésaventure, 4 lignes directrices pour de futures opérations exploitant les SmartTag

  • Ergonomie mobile : Exploiter ces tags c’est dialoguer avec les consommateurs en situation de mobilité. La conception des pages, les natures des contenus tout doit être pensé pour le mobile. La première manifestation visible d’une telle conception est dans l’ergonomie. Les modes d’interaction doivent exploiter les standards de ces outils.
  • Site mobile à tous les étages : Les pages doivent être optimisées pour le mobile. Les contenus doivent être livrés dans des sites mobiles. L’ensemble du message doit s’intégrer dans un site dédié à cet univers.
  • Légèreté du contenu : En raison des contraintes actuelles des réseaux, la vitesse d’affichage doit être privilégiée. La légèreté du contenu est donc une priorité. Je pense qu’il faut bannir pour l’instant le son, la vidéo et rester au texte, à l’image fixe (photo, illustration).
  • Contenu et proposition à valeur ajoutée : Enfin, et surtout, ces démarches font sens si elles délivrent une valeur « in-situ » à l’utilisateur. Disons par exemple : le complément factuel à l’affiche (caractéristiques techniques, photos…), le point de vente le plus proche (géolocalisation), un formulaire simple pour obtenir un échantillon ou être rappelé… Bose dispose de toutes ces informations sur son site web, les adapter à la nature de l’opération était possible à moindre effort.

Avez-vous déjà repéré des opérations réussies d’information directe du consommateur utilisant le tag 2D ? Si oui, je suis preneur des références.

A lire également sur ce blog :

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Les raisons de la vente de Zappos à Amazon : piège financier et exception culturelle

7 Juin

Généralement, je partage mes liens via mon compte Twitter @Coubray et cela suffit : 140 caractères, une alerte, à vous de jouer et explorer.
Cette fois ci, le service sera un peu plus étoffé.

Sur Inc.com, je viens de lire un extrait du livre de Tony Hsieh, le fondateur de Zappos. Je le trouve riche et édifiant, comme souvent quand il s’agit d’infos émanant de cette société. (Titre original de l’article : Why I Sold Zappos)

Pour ceux qui ne connaissent pas, Zappos est un acteur majeur du e-commerce, plus de 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires et surtout une culture d’entreprise typée qui place le bien être des collaborateurs et des clients avant tout (voir ici un article consacré à ses spécificités).
Fin 2009, Tony Hsieh a vendu sa société à Amazon. La valorisation de référence était d’environ 1.250 milliards de dollars. L’accord a été scellé sous forme d’un « échange » d’actions.

Les raisons de la vente à Amazon

Tony revient dans cet article sur les raisons de la vente et celles du choix d’Amazon :

  • Zappos était coincé financièrement  avec un revolving de 100 millions de dollars nanti sur ses stocks dépréciés.
  • Son board le poussait à abandonner sa culture de qualité extrême en social et relations clients pour privilégier la rentabilité de court terme.
  • Amazon lui a permis de sauver sa culture maison (garantie d’indépendance) et lui a fait échapper à la pression d’un board dominé par des représentants de fonds d’investissement.

Je trouve cette histoire à la fois angoissante et édifiante.
On voit un entrepreneur visionnaire et avide de croissance passer près du gouffre, enrôlé dans une spirale financière dangereuse.
On voit également une belle culture d’entreprise triompher grâce à la détermination de son patron et à l’aide de Jeff Bezos, fondateur d’Amazon et également promoteur d’un projet d’entreprise déterminé depuis ses débuts.
On voit enfin, les enjeux auxquels est confronté Tony aujourd’hui : comment maintenir une culture d’entreprise fondée sur la différenciation humaine lorsque l’on atteint plusieurs centaines d’employés (1 800 salariés aujourd’hui chez Zappos).

A lire !

A lire également à propos de Zappos sur ce blog :

Business model freemium : Evernote est rentable avec une conversion à 7%

2 Juin

Connaissez-vous le freemium ? Sa définition est simple : offrir un service de base gratuit, proposer des valeurs ajoutées payantes soit dans le cas d’un one-shot, soit en abonnement.

Ils sont un des miracles du numérique. Evernote a fondé sa politique de développement sur ce schéma économique.

Evernote, un exemple de site rentable en business model freemium

Evernote propose une solution de collecte et de partage de notes multimédia, multisupports. Avec cet outil, je gère toutes mes prises de notes. Quelque soit le format : texte, web, photos, films, documents… Quelque soit le lieu de collecte : bureau, maison, rue via mes outils web, mon PC, mon mobile. Vous trouverez une description des fonctionnalités au bout de ce lien.

Le service de base est gratuit. Il couvre une fraction très significative du besoin. Pour 5$ mensuels ou 45$ annuels, je peux l’enrichir : travail collaboratif, capacité de stockage étendue, fonctionnalités avancées…

Grâce à la quai-absence de coûts de mise à disposition du produit, grâce au potentiel de partage d’une bonne application (sa viralité), il est possible de mettre en main gratuitement, non plus l’échantillon mais la totalité ou presque du produit, et ensuite de convertir. Le modèle est pur : l’offre est le produit. La gratuité est la contrepartie de l’essai. Charge ensuite à l’opérateur de transformer. La faiblesse des coûts permet de travailler avec des taux de transformation bas.

Alors combien ?

Dans une récente intervention, synthétisée par TechCrunch, Phil Libin, le CEO d’Evernote nous donne quelques informations clefs. Si vous avez environ 25 minutes, si voulez creuser le sujet, la vidéo est sur Vimeo. Elle est riche de beaucoup d’éclairages sur l’état d’esprit associé à ce business model. Voici les infos clefs :

  • Le taux de transformation des nouveaux en payants est à 0.5%
  • 24 mois après leur inscription, parmi tous ceux qui sont encore actifs, on atteint un taux de transformation cumulé à 20%.
  • En moyenne, le taux de conversion est à 7%. Je calcule cette donnée à partir de son propos. Chaque utilisateur actif – payant ou gratuit – génère un équivalent revenu de 0.25$ par mois. Le revenu d’un abonné mensuel est de 3.75$. Donc il y a 16 actifs pour 1 payant et un taux de conversion de 7%.

Dans mon vieux métier, la rentabilité après mise en mains d’un échantillon payant était le plus souvent autour de 25% de conversion.

Le modèle freemium et rentable d’Evernote permet donc la performance avec 4 fois moins de conversion et aussi 4 fois moins de revenu mensuel (nous facturions autour de 25$ par mois).

Belle performance et aussi superbe opportunité pour les éditeurs de contenus et services désireux d’explorer les modèles freemium.

A lire également : Evernote, prendre des notes sur tout support, toujours les retrouver

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