Archive | mars, 2010

Restos du Cœur : bilan de l’opération blogueurs, 16 675 repas offerts, c’est beaucoup et c’est bien peu !

30 Mar

16 675 repas offerts aux Restos du Cœur

Les Restos du Cœur viennent de communiquer les résultats de leur opération web (voir ici). Au total, 16 675 repas ont été offerts suite à :

  • La rédaction de 1 457 posts
  • La mise en œuvre de 197 parrainages
  • La réalisation de 9 illustrations

Rappel : Danone & Carrefour offraient 10 repas pour chaque rédaction de billet de présentation de l’opération de collecte 2010 et 2 fois 10 en cas de billet « parrainé » (voir descriptif complet ici).

16 675 repas pour les Restos du Cœur, c’est beaucoup !

Autant de repas représentent un grand nombre. Ils ne sont toutefois que 0.02% d’une année de distribution de repas. En 2009-2010, les Restos distribueront 100 millions de repas. Ils soutiennent au quotidien 800 000 personnes.
1 457 blogs qui font résonnance à une opération de collecte, c’est une belle chambre d’écho. C’est donc du côté de l’amplification de la démarche des Restos qu’il faut chercher les raisons d’être de cette action.

16 675 repas pour les Restos du Cœur, c’est bien peu !

1 457 bloggeurs qui se mettent en mouvement, c’est seulement 0.06% du total des bloggeurs actifs français (base de réflexion : 2.5 millions de blogs actifs en France – source vieux chiffre du Journal du Net :- ). Un rendement de 0.06% sur une opération caritative, c’est trop peu, vraiment trop peu !

Pourtant la cause est belle, les compétences de qualité sont mobilisées. L’opération a été animée par la Netscouade.

Les Restos du Cœur et la Netscouade rencontrent donc un problème à la mise en mouvement de la communauté des blogueurs. Ils devront réfléchir à la propagation et aux messages.

197 parrainages, c’est seulement 16% de rendement pour l’opération de parrainage.

1 457

billets

197

billets filleuls

1 260

billets parrains

16%

efficacité du parrainage

Pour moi, cette faible efficacité du parrainage est le plus gros levier d’amélioration. Chaque blogueur d’origine pouvait parrainer jusqu’à 3 filleuls. Chaque billet rédigé par un filleul ramenait 20 repas (10 « pour » le parrain, 10 « pour » le filleul). Un billet d’origine pouvait donc rapporter jusqu’à 70 repas : 10 repas d’origine + 3 fois 20 repas parrainés.

Comment améliorer l’efficacité du parrainage ?

Les résultats actuels montrent une absence totale d’efficacité du phénomène social. Le réseau ne joue pas son rôle. Chaque billet ne rapporte que 0.16 billet additionnel ! Le potentiel maximum à 3 filleuls est à 3 billets par post parrain. Nous sommes donc à 5% d’efficacité.

Ce levier du parrainage est le premier à travailler pour les Restos. Le tableau ci-dessous montre le potentiel de collecte pour le même nombre de billets de départ.

Nombre de repas / billet Total Cumul repas
Billet parrain

1 260

10

12 600

Rendement Billet filleul

20

16%

197

3 940

16 540

30%

378

7 560

20 160

100%

1 260

25 200

37 800

200%

2 520

50 400

63 000

300%

3 780

75 600

88 200

A 100% de rendement, chaque parrain déclenche un filleul ou 1/3 des parrains déclenche 3 filleuls, on aurait obtenu 37 800 repas. Le potentiel maximum de l’opération était à 88 200 repas (hors illustrations).

Personnellement, j’ai sollicité 3 filleuls. J’ai déclenché 1 billet. Merci Sylvie (voir ici). Honte et bises à vous, Anne et Babeth ! Erreur de stratégie pour moi, j’aurais dû « taper » plus large pour saturer mon potentiel de filleuls.

Alors comment faire ? Voici quelques idées :

  • Augmenter le nombre de filleuls autorisés, idéalement ne pas le limiter. Finalement, seuls quelques blogueurs entraineront des filleuls. Si les Restos trouvent un promoteur au potentiel de parrainage démultiplicateur qu’ils en profitent. A eux de négocier avec leurs partenaires une ouverture plus large du parrainage pour augmenter la chambre d’écho.
  • Ne pas arrêter l’effet boule de neige au premier niveau : autoriser les filleuls de filleuls de filleuls… Gageons que les filleuls de parrains actifs ont eux-même une capacité d’entraînement.
  • Promouvoir auprès des blogueurs l’impact de leur parrainage : faire la pédagogie de l’effet cascade.
  • Inciter les blogueurs à solliciter plus de relais que la limite de parrainage en mettant le doigt sur le fait qu’ils n’obtiendront qu’une adhésion partielle.

Comment améliorer l’adhésion des blogueurs ?

A 1 260 blogueurs impliqués, il reste du potentiel.

L’opération a déclenché son lot de critiques et de refus d’agir.

Comme à l’accoutumée, on entend les grincheux de service. Au-delà des grommèlements, lot commun à toute action de communication, je retiens quelques messages :

  • La dimension ponctuelle est pointée du doigt. Les marques agissent une fois par an, comme certains artistes, elles ne s’engagent pas sur le long terme.
  • Les marques associées à l’opération, Danone & Carrefour, sont l’incarnation de la société de consommation (voir ici post et débat sur EcoloInfo.com)
  • L’opération ne respecte pas certains fondamentaux de la netiquette et de la relation avec les blogueurs (voir ici post et débat sur Antoine-Dupin.com)

Personnellement, je n’ai aucune réticence à voir des marques, des distributeurs associés à de nobles causes. Je pense que les ONG doivent à la fois combattre le système dans ses excès et en tirer partie dans ses potentialités (mobilisation de leurs ressources, redistribution d’une partie des profits, mise en relation avec leurs bassins d’audience…). Je préfère voir agir la communauté au moins une fois par an plutôt que jamais. Le pansement, l’action ponctuelle, est aussi nécessaire que le traitement de fond (revenu minimum, accès facilité au travail…).

Concernant la forme de l’opération, je n’avais pas remarqué que Danone et Carrefour passaient avant les Restos du Cœur dans la communication : émetteur, libellés, site de téléchargement. Cela ne m’a donc pas gêné. A la réflexion, je comprends le risque. Les Restos devraient donc être plus « maîtres et marques de leur communication ».

Il sera intéressant pour les Restos et la Netscouade de continuer le dialogue avec leurs interlocuteurs pour mettre au point une opération 2011 qui emporte encore plus d’adhésion que celle-ci.

Alors, comment faire pour mobiliser plus de contributions ? Voici quelques idées :

  • Marquer l’opération Restos du Cœur et passer au second plan les partenaires soutien.
  • Multiplier les formes de diffusion de l’information : post, vidéos, photos, sons…
  • Étendre la diffusion de l’information hors des plateformes de blogging : vidéo, site de partage d’images, forums…
  • Pour les blogs : Mettre en place une échelle à deux niveaux « de prime » : un post = 10 repas, un lien et une simple annonce dupliquée de l’opération = 5 repas.
  • Fournir des éléments pré-rédigés, du matériel « clef en main » pour faciliter la rédaction initiale (textes, photos, illustrations, vidéo…), puis le parrainage.
  • Ouvrir l’opération sur les media sociaux : permettre aux individus non rédacteurs d’un blog de créer des chambres d’écho. Par exemple, un individu créée une page sur FaceBook et fédère ses amis fans de l’opération de collecte. Pour chaque page dépassant un certain nombre de fans, 10 repas sont offerts.
  • Ouvrir l’opération sur les media sociaux : par exemple un tweet original sur le sujet avec un lien ou une mention de l’opération (hashtag) = 1 repas.

Et vous avez-vous des idées d’amélioration de l’opération, de son efficacité ?

CityDeal adapte Groupon à la France : « 1 place de cinéma UGC pour 1€ » et 75 000 clients !

29 Mar

L’adaptation de Groupon à la France vient d’Allemagne et s’appelle CityDeal

Je vous ai parlé de Groupon (voir ici).

En synthèse : « Le site web Groupon propose aux utilisateurs d’une localité des affaires limitées en nombre et dans le temps. Les coupons générés atteignent de 40 à 90% de remise. A l’échelle locale, les inscrits sont alertés. Ils utilisent leurs media sociaux pour faire savoir la bonne affaire à leurs amis. En effet, il faut atteindre le volume cible d’acheteurs pour bénéficier de l’affaire du jour. La limite de souscription est fixée à minuit. Les internautes intéressés passent leur commande via Groupon. Le site collecte les ordres, génère les coupons pour retrait des services ou produits, établit le lien entre le marchand et les consommateurs. »

En Allemagne, de nombreux acteurs répliquent le concept. Le leader est CityDeal.

Début février, il s’est installé en France – voir le site. Cette installation est financée par levée de fonds effectuée en début d’année (cumul à 9 M€). Le site propose restaurant, sport et bien-être à moins 50%.

Les pays suivants sont déjà ouverts : Allemagne, France, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Autriche, Suisse.

1 place de cinéma UGC pour 1 €

Une opération récente a recruté 75 000 clients. Elle permettait d’acheter une place de ciné UGC pour 1€. Promue sur le web et via une opération de distribution de flyers à la Défense, elle a rencontré le succès.

Les offres du jour par l’exemple

Voici pour l’exemple les offres relevées sur quelques villes de France :

  • Paris : séance Dreamtouch à 15€ vs tarif à 30€, 50% de remise
  • Bordeaux : séance de Powerplate à 45€ vs tarif à 125€, 65% de remise
  • Lyon : Repas au restaurant Eskis pour 20€ au lieu de 40€, 50% de remise
  • Strasbourg : Europ’Café à 10€ vs 20€, 50% de remise
  • …/…

A la différence de Groupon, le nombre d’achats cible n’est pas mentionné. Toutes les jauges ont le même niveau d’avancement, indexé sur le temps ? Les compteurs de chaque ville annoncent quelques dizaines de bénéficiaires. Le mouvement est lancé.

30 villes cibles, 9 actives

Le site cible 30 villes, affichées sur sa home page. Au-delà de l’opération UGC, 9 villes présentent ce 29/03/2010 des offres locales : Paris, Lyon, Lille, Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Toulouse, Grenoble, Nantes. L’enjeu sera donc d’élargir le nombre de deals proposés dans le plus grand nombre de villes.

Une propagation par les media sociaux et le parrainage

Ce type de business model fonctionne sur la rumeur. Je fais savoir à mon cercle d’ami le deal du jour. Je cherche à les faire profiter du deal et aussi à atteindre le nombre cible.

CityDeal « sponsorise » le parrainage. Chaque filleul qui devient actif ramène un crédit de 8€ à son parrain. En Allemagne, le filleul est à 6€. Aux US, Groupon offre 10$.

A quand la riposte et la concurrence ?

Groupon sortira-t-il de ses frontières ? Pour l’instant, je n’ai pas repéré de mouvement annoncé. Il y a quelques mois, le site présentait Londres dans ses villes. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

En France, d’autres start-up sont-elles actives ou en lancement. Je n’ai rien repéré.

Enfin, on peut s’interroger sur l’opportunité pour les groupes de media locaux, les annuaires de développer une telle offre. Ces sociétés ont les forces de vente spécialisées en commerces locaux, les plateaux de télévente en relation avec les acteurs terrain. Elles peuvent proposer des couplages. Si elles ne bougent pas, des start-up comme CityDeal réinventeront les manières d’interagir avec les clients locaux, de créer du trafic vers les points de vente. Car c’est là la force de ces offres, elles fidélisent un portefeuille « d’abonnés », chasseur d’offres, créent du trafic vers des points de vente et font avec leur partenaire le pari d’une capacité à déclencher du cross-selling une fois le consommateur arrivé sur site. La nature des offres proposée va dans ce sens. Elle est à priori efficace.

Si vous connaissez du monde chez Spir (TopAnnonces, LeBonCoin, Adrexo), PagesJaunes, HighCo (le spécialiste du Store & Digital), testez pour voir leur connaissance de ces modèles et surtout l’existence ou non de plan d’actions de leur part. Je suis preneur d’informations. Je suivrai avec intérêt la propagation de ces concepts.

A lire également sur le sujet :

Aux États-Unis, avec Undercover Boss, la téléréalité s’attaque à l’entreprise

24 Mar

Undercover Boss, le dernier concept de téléréalité US

Depuis le 7 Février, CBS diffuse Undercover Boss.

Le principe : le patron d’une entreprise américaine passe une semaine « sous couverture » parmi les employés de base de sa société. Il doit réaliser leurs missions, respecter leurs contraintes, vivre leur vie et voir fonctionner son entreprise de l’intérieur. A l’issue de cette semaine, l’engagement est de prendre des mesures fondées sur ses constats.

Voici pour l’exemple deux des premières entreprises à avoir expérimenté ce concept :

  • Waste Management, 12 milliards de dollars de chiffre d’affaires. 1er opérateur US dans le traitement des déchets.
  • White Castle. 400 restaurants dans 11 états.

L’émission est un succès. Elle est l’adaptation d’un format réglé au Royaume-Uni par Channel 4.

Dernier patron à expérimenter le format, un VADiste : Michael Rubin, le fondateur de GSI Commerce

Dimanche dernier, les téléspectateurs américains ont pu suivre Michael Rubin. Le fondateur de GSI Commerce, leader mondial de la délégation en e-commerce, a passé une semaine à décharger des camions, faire des colis, répondre au téléphone…

Il vient de donner une interview à Shop.org pour partager son retour d’expérience – voir ici. Le propos est un chouilla angélique. Il est toutefois bon d’entendre un patron se rappeler de sa base et réfléchir aux façons de resserrer les liens entre ses strates.

France, à quand « Patron Incognito » ?

Endemol vient d’acquérir les droits pour la France. Nous aurons donc bientôt notre version du « Patron Infiltré ».

Imaginez :

  • Didier Lombard parmi les salariés de France Telecom,
  • Jean-Paul Bailly sur un vélo ou derrière un guichet de la Poste,
  • Carlos Ghosn en train de serrer des boulons.

Téléréalité & Entreprise, une bonne nouvelle

L’arrivée du programme déclenchera certainement des débats sur la relation entre patrons et salariés, l’utilisation de l’infiltration comme un moyen de comprendre sa propre entreprise.

Personnellement, et si le programme est produit avec finesse, je suis plutôt favorable.

Je considère que faire entrer la téléréalité en entreprise est un moyen de promotion du travail, une façon de faire découvrir de nombreux univers professionnels à tous.

Et même si je m’interroge sur la médiatisation du rapprochement entre un patron et ses équipes, je suis très en faveur de la proximité entre la base et le sommet. Dans le cas des grandes organisations, des subterfuges peuvent être justifiés.

Groupon – Allemagne : Décollage du concept US à succès. France : Je ne vois toujours rien venir !

12 Mar

Qui peut enfin m’expliquer pourquoi un concept à fort potentiel, Groupon, est répliqué avec succès en Allemagne et toujours pas en France. Qui ? Pourquoi ?

Mais c’est quoi Groupon ?

Le site web Groupon propose aux utilisateurs d’une localité des affaires limitées en nombre et dans le temps. Les coupons générés atteignent de 40 à 90% de remise. A l’échelle locale, les inscrits sont alertés. Ils utilisent leurs media sociaux pour faire savoir la bonne affaire à leurs amis. En effet, il faut atteindre le volume cible d’acheteurs pour bénéficier de l’affaire du jour. La limite de souscription est fixée à minuit. Les internautes intéressés passent leur commande via Groupon. Le site collecte les ordres, génère les coupons pour retrait des services ou produits, établit le lien entre le marchand et les consommateurs.

Allemagne : croissance à 4 chiffres en un mois !

Le tableau ci-dessous est issu de Deutsche-Startups.de.

La lecture est simple : CityDeal, créé fin 2009, va passer les 400 000 visiteurs uniques sur le mois de Mars.

La société est aujourd’hui active dans 41 villes en Allemagne. Elle est financée par une levée de 4 millions d’euros.

Au second rang, DailyDeal vient d’intégrer Teambon (voir annonce ici).

Bref, tout indique un décollage commercial !

Groupon est adapté à la France et pourtant…

Les valeurs ajoutées proposées par Groupon ont tout pour réussir en France :

  • Remises importantes de 40 à 90%
  • Nombre limité de bénéficiaires privilégiés
  • Champ d’application local
  • Renouvellement quotidien des bonnes affaires
  • Création de trafic vers le canal retail

Et pourtant, je ne vois rien venir.

A suivre et à m’expliquer.

A consulter également : Groupon, Chegg, 2 concepts US à potentiels d’internationalisation mais quand ?